Juridique

ŒUVRE D’ART ORIGINALE ET AUTHENTICITÉ

Alors que la gravure, dès le XVè siècle, était le support unique de diffusion des chefs-d’œuvre des grands maîtres de l’époque, aujourd’hui, les procédés de reproduction se sont considérablement développés. Les boutiques de musées sont inondées d’affiches, de calendriers et de toutes sortes de  » produits dérivés  » sur lesquels figure  » le souvenir  » d’une œuvre d’art originale.
Deux textes en vigueur aujourd’hui définissent l’œuvre d’art originale :
Alors que c’est  » la marque de la personnalité de l’artiste dans l’œuvre  » qui est le critère déterminant de la définition du code de la propriété littéraire et artistique c’est  » l’intervention manuelle de l’artiste  » dans le code général des impôts.

L’œuvre d’art originale et la reproduction

En principe  » tout fac-similé, surmoulage, copie ou autre reproduction d’une œuvre d’art ou d’un objet doit être désigné comme tel « .

Le principe suppose toujours des exceptions : d’un part, avant l’entrée en vigueur de ce texte il n’existait aucune obligation de désignation, d’autre part aujourd’hui, certaines personnes peuvent vouloir frauduleusement faire passer une reproduction pour une œuvre originale.

L’exemple le plus courant pour illustrer notre propos est la reproduction d’une œuvre sur papier telle que l’aquarelle, le crayon, le feutre (une technique peu matiériste c’est à dire une matière picturale sans épaisseur).
Il est aisé de déceler une reproduction par rapport à un original : après avoir pris soin de décadrer le papier pour enlever le verre, à l’aide d’un compte-fils (c’est à dire d’une loupe assez puissante) que l’on approche de  » l’œuvre « , on remarque facilement la trame (une multitude de petits points) caractéristique de la technique de reproduction que l’on n’a bien évidemment pas dans l’original.

C’est un mode de contrôle facile à utiliser et d’une grande fiabilité.

L’œuvre d’art originale et le tirage limité

Une œuvre d’art originale ne veut pas forcement dire œuvre unique : la sculpture, l’estampe, la photographie, même fondue, éditée, tirée à plusieurs exemplaires, reste une œuvre originale si elle respecte certaines règles.
Pour la sculpture, c’est essentiellement lorsqu’elle est fondue en bronze que l’on est en droit de se poser la question de l’originalité.

La sculpture en bois, en terre, en fer …,est en principe une pièce unique, la sculpture en bronze fondue à partir d’un moule est généralement tirée à plusieurs exemplaires.

Elle n’en demeure pas moins une œuvre originale s’il n’existe pas plus de 12 tirages comprenant 8 exemplaires numérotés (1/8, 2/8…) et 4 épreuves d’artistes également numérotées (EA 1/4, EA 2/4…) sous le contrôle de l’artiste.

Le principe est identique pour l’estampe (gravure, eau-forte, bois gravé, pointe sèche, lithographie, sérigraphie, estampe numérique…) où c’est l’artiste lui-même qui travaille le support qui va servir à multiplier l’image. C’est à nouveau sous son contrôle (s’il ne le fait pas lui-même) que vont être éditées les estampes qui demeurent des œuvres originales à la condition d’un tirage limité justifié (en général pas plus de 200) c’est à dire numéroté et signé de la main de l’artiste.

Pour la photographie, celle-ci demeure une œuvre d’art originale si le tirage ne dépasse pas 30 exemplaires numérotés et signés.
Au-delà du nombre réglementaire, l’œuvre perd sa qualité d’originalité pour celle de multiple. Cette distinction n’est, en principe, pas à considérer quant à la qualité d’un travail, elle justifie néanmoins une différence de prix.

L’œuvre d’art originale, la copie, le faux : l’authenticité

Au même titre que la reproduction, le surmoulage ou la copie doit être mentionné comme tel, mais le principe souffre des mêmes exceptions : l’absence de réglementation antérieure et l’intention frauduleuse.
Un décret de 1981 en matière de transactions d’œuvres d’art réglemente la façon de les décrire et précise les garanties attachées aux différents termes utilisés.

En effet, on trouve très souvent attachés à un nom de peintre ou de sculpteur, les termes  » œuvre de « ,  » attribué à « ,  » atelier de « ,  » entourage de « ,  » dans le goût de « ….

A chaque description correspond une garantie, les seules qui permettent de garantir que l’œuvre a bien pour auteur l’artiste en question, sont celles de  » œuvre de « ,  » par « , ou lorsque dans la description du tableau le nom du peintre est indiqué sans aucune restriction. A l’inverse  » dans le goût de  » ne donne aucune garantie d’artiste, l’œuvre peut avoir été réalisée par n’importe quelle personne, artiste ou non.

La notion de faux, quant à elle, par rapport à une œuvre d’art originale, manifeste l’intention frauduleuse de celui qui le produit ou le commercialise : le faussaire réalise une œuvre sur laquelle il appose une signature ou un signe distinctif d’un artiste pour lequel il veut se faire passer.

A la différence du faussaire, le copiste réalise la copie d’un tableau connu sous sa propre identité, on peut alors se poser la question de l’originalité de l’œuvre, son appréciation est pour le moins subjective. Entre la copie conforme et la  » copie inspirée  » on retrouve toute la différence entre la réplique et l’œuvre d’art originale.
Ces quelques conseils vous permettront de comprendre les caractéristiques des œuvres présentées sur le site qui répondent toutes aux critères d’originalité et d’authenticité.

L’ESTIMATION D’UNE ŒUVRE D’ART

Les grandes foires d’art contemporain et les ventes aux enchères prestigieuses  » inondent  » la presse de records de prix. L’art a un prix, tout le monde le sait, il a même connu sa période spéculative, l’époque est révolue fort heureusement, les bases sont saines.

Il existe assurément des critères, ils sont multiples,  » tout l’art  » est de les combiner, c’est le travail des acteurs du marché de l’art, tous confondus : artistes, galeristes, experts, commissaires-priseurs, critiques, commissaires d’exposition et collectionneurs.

Comme dans tout marché, la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande préside celui de l’art.
S’il peut être fluctuant, il existe néanmoins des critères intrinsèques à l’œuvre qui lui confèrent sa valeur.
Il est indéniable que la technique utilisée est un critère important dans l’estimation d’une œuvre d’art.
Pour le support, à qualité égale une peinture sur toile sera estimée plus cher qu’une aquarelle sur papier même marouflé sur toile. Outre le prix du matériau, le travail sur toile est en principe plus fastidieux que sur papier.
Pour le matériau lui-même, en matière de sculpture par exemple, une pièce en bronze sera plus onéreuse – la technique de la fonte oblige – qu’un modèle similaire en bois ou en terre cuite.

Le format lui-même peut entraîner une différence d’estimation non négligeable.
Sans évoquer les formats gigantesques qui supposent un espace d’exposition adéquat et limite par la-même le nombre d’acquéreurs potentiels, le prix d’une œuvre, à qualité égale, sera aussi fonction des dimensions.
Si le caractère novateur d’une œuvre s’intègre difficilement dans les critères d’évaluation, il n’en demeure pas moins qu’il peut être pour beaucoup dans la notoriété d’un artiste, laquelle notoriété sera d’une importance capitale pour l’estimation d’une œuvre.

En effet, en dehors de toute considération objective quant à la technique ou au format, le système de cotation répond à quelques règles intangibles : les expositions et les collections permanentes des musées, les commandes publiques, privées, les publications, autobiographies, mieux encore les catalogues raisonnés, les cimaises des grandes galeries, les surenchères des ventes publiques, seront incontestablement d’excellentes bases d’expertise.
La place de l’œuvre dans la carrière de l’artiste – une œuvre majeure, une œuvre de maturité – entraînera alors, inéluctablement, une réévaluation.